Deuxième journée : samedi 8 avril (Théâtre de l’Échangeur)

Matinée (9h 30 – 13 h)
Extension de la politique ?
Modératrice : Camille Louis (collectif kom.post, Université Paris 8)
Pour nombre de penseurs, d’historiens ou de militants, ce qui identifie notre présent est la situation d’urgence qui découle du désastre écologique produit par l’économie capitaliste. C’est cette situation qui oblige selon eux à redéfinir entièrement ce que nous entendons par « politique ». Cette redéfinition met notamment en question le paradigme « humaniste » – plus qu’anthropocentrique – de la politique, pour chercher à inclure dans les processus de la politique l’ensemble des vivants. La question est ici de savoir si cet élargissement de la notion même de « politique » n’aboutit pas à en diluer le concept, et en particulier sa teneur proprement conflictuelle. À supposer que le conflit politique ne se confonde pas avec la guerre, qu’il est peut-être même une tentative pour interrompre la guerre, n’y a-t-il pas, justement, une guerre menée contre le(s) vivant(s) ? Si oui, par qui est-elle menée ? Et comment l’interrompre ? Quelle politique, c’est-à-dire aussi quelle entente de la politique, permettrait véritablement de constituer une réponse à hauteur du diagnostic et de l’urgence qui semble s’y attacher ? Autrement dit, le point de vue qui entend dépasser la politique humaniste peut-il vraiment disposer d’une pratique de la politique, qui ne se confonde pas avec l’attente passive d’un « changement de paradigme civilisationnel » ?

Sophie Gosselin (Université de Tours)
David Gé Bartoli (Éditions du Dehors)
Frédéric Neyrat (Université de Wisconsin – Madison, ancien directeur de programme au CIPh)
Patrizia Atzei (Université Paris 8, éditions Nous)


Après-midi (15 h – 18 h 30)
Formalismes, formes sensibles, formes de vie
Modérateur : Bernard Aspe (CIPh)
Après avoir étendu le questionnement jusqu’aux limites de l’économie-monde et de la planète entière, il sera temps de revenir à ce qu’on pourra appeler les logiques internes des pratiques politiques. Ces logiques sont autant de rationalités qui guident l’action politique, et qui apparaissent lorsqu’il s’agit d’exemplifier l’entente d’une politique « autre », c’est-à-dire en tout cas distincte de son entente parlementaire. Cette exemplification a pris ces dernières années, sur les diverses places occupées du monde, la forme d’une démocratie directe. On a cependant pu reprocher à ce type de mise en œuvre un excès de formalisme, qui pouvait l’apparenter au modèle dont elle cherchait précisément à s’éloigner. On pourrait définir le formalisme comme une autonomisation de la forme qui s’applique indifféremment à ce qu’elle constitue dès lors en matière. À ce formalisme, il ne s’agit pas nécessairement d’opposer une spontanéité informelle. Il s’agirait plutôt d’approfondir le questionnement sur les formes nécessaires à l’existence même de la politique – car sans elles, il n’y en aurait pas de transmission.
Mais comment concevoir des formes qui ne se laissent pas dissocier de ce dont elles sont la forme – qui ne s’autonomisent pas en formalismes ? Faut-il convoquer la forme de vie, si celle-ci est entendue précisément comme ce qui rend la vie inséparable de sa forme ? Ou bien faut-il convoquer le paradigme de l’esthétique, dont la caractéristique serait précisément de ne pas dissocier la forme de l’expérience sensible ? Mais peut-être l’esthétique est-elle ici plus qu’un paradigme ?

Olivier Sarrouy (Université de Rennes II)
Érik Bordeleau (Senselab – Montréal)
Camille Louis (collectif kom.post, Université Paris 8)
Jacques Rancière (professeur émérite, Université Paris 8)

 


Le théâtre de l’échangeur est à Bagnolet.

L’ECHANGEUR – 59, avenue du Général de Gaulle – 93170 BAGNOLET

En MÉTRO : Gallieni [ligne 3] à 150 m en sortant à droite
En VOITURE : Porte de Bagnolet à 300 m direction : Bagnolet/Montreuil
En BUS : 76, 102, 318 arrêt : Général de Gaulle
Vélib : station rue du Château à 50 mètres

http://www.lechangeur.org/