vendredi 7 avril (Théâtre de l’Échangeur)

Matinée (9 h 30 – 13 h)
Le modèle de la guerre
Modératrice : Patrizia Atzei (Université Paris 8, éditions Nous)
Lorsque la question du conflit est posée, il semble qu’un paradigme vient aussitôt hanter la discussion : celui de la guerre. C’est bien ce que nous pouvons observer aujourd’hui, alors que planent la menace des attentats autant que celle de la réponse par « l’état d’urgence » : on nous somme de prendre parti dans ce qui nous est présenté comme une guerre des civilisations. Il n’est pas sûr que nous devions répondre à cette sommation. Il nous faut plutôt examiner la situation : de quelle guerre s’agit-il au juste ? Cette guerre dont on nous parle n’en recouvre-t-elle pas une autre ? Une guerre des classes, comme le pensait Marx ? Dit autrement : n’est-elle pas, cette guerre des civilisations, ce qui vient se substituer à une autre pratique du conflit, celle qui a longtemps porté le nom de « politique » ? Quelle est alors, dans sa spécificité, la forme que peut prendre le conflit politique en tant qu’il se distingue du conflit proprement guerrier ? N’en est-il pas, justement, l’interruption ? Mais la politique ainsi entendue existe-t-elle vraiment, et durablement, aujourd’hui ? La guerre en cours, telle que nous la présente les médias et les hommes de pouvoir, n’est-elle pas tout d’abord ce qui repose sur l’absentement de la politique ? Et si tel est le cas, comment répondre à cet absentement ? L’exigence de la politique suffit-elle à la faire exister ?

Bernard Aspe (CIPh)
Catherine Hass (CNRS, Institut d’Histoire du Temps Présent)
Oliver Feltham (CIPh et American University of Paris)
Sophie Wahnich (CNRS)


Après-midi (15 h – 18 h 30)
La politique de l’économie ou la politique contre l’économie ?
Modérateur : Frédéric Neyrat (Université de Wisconsin – Madison, ancien directeur de programme au CIPh)
Si la politique se distingue de la guerre, elle doit donc être pensable dans son ordre propre. Mais à partir de quoi saisir ce « propre » de la politique ? Faut-il considérer qu’il faut la concevoir à distance de tout ce avec quoi on avait pu la confondre : l’histoire, le droit, l’économie ? Insistons particulièrement sur cette dernière : quel rapport l’intelligibilité propre de la politique entretient-elle avec l’analyse de l’économie ? Doit-on envisager ici une disjonction radicale, et considérer par exemple que les modes de la subjectivation politique ne sont jamais les effets d’une situation objective – ce pour quoi ils ont précisément une logique propre ? De ce point de vue, « l’économie » peut être perçue comme un faux-semblant qui ne serait en définitive qu’un instrument tout entier aux mains de ceux qui cherchent à en imposer les prétendues « lois ».
Il n’en reste pas moins qu’il faut bien saisir de quelle manière les subjectivations peuvent s’inscrire dans l’état réel du monde. Si l’on s’accorde à suivre l’indication de Marx et à nommer « capitalisme » le complexe de puissances qui configure l’état du monde (mais cela même peut être un point de discussion), il faut bien disposer aussi d’une analyse de ce qui se présente non pas comme l’objet des « sciences » économiques, mais comme le réel d’une économie-monde. Dès lors comment articuler aujourd’hui l’analyse de l’économie-monde et celle de la politique ? Quelle place prend dans cette articulation l’analyse des formes contemporaines du travail ? Quelle place y est laissée au motif supposé ancien de la « lutte des classes » ? Et surtout : un point est-il identifiable, depuis lequel l’économie-monde pourrait être combattue en tant que telle ?
En définitive, il s’agit ici de savoir si, et de quelle manière, on peut accorder une approche de la politique « en intériorité », selon sa logique et ses exigences propres, et une analyse des processus globaux qui configurent l’espace d’une économie-monde.

Jodi Dean (Hobart and William Smith College, New York)
Dalie Giroux (Université d’Ottawa)
Maria Kakogianni (collectif PhiCTIONS, enseignante précaire SAIF)
Alain Badiou (professeur émérite de l’ENS-Ulm)


Le théâtre de l’échangeur est à Bagnolet.

L’ECHANGEUR – 59, avenue du Général de Gaulle – 93170 BAGNOLET

En MÉTRO : Gallieni [ligne 3] à 150 m en sortant à droite
En VOITURE : Porte de Bagnolet à 300 m direction : Bagnolet/Montreuil
En BUS : 76, 102, 318 arrêt : Général de Gaulle
Vélib : station rue du Château à 50 mètres

http://www.lechangeur.org/