Les dates du séminaire 2025-2026

Le séminaire aura lieu un mardi par mois, à partir de 18h30 à la Parole Errante à Montreuil (9 rue François Debergues, métro Croix de chavaux).

Sur demande expresse et ponctuelle, il sera toutefois possible d’obtenir un lien teams pour suivre une séance en visioconférence, envoyez un mail à divisionpolitique(at)proton.me

Voici les dates du séminaire « La division politique » pour l’année 2025-2026 :
Voici les dates du séminaire « La division politique » pour l’année 2025-2026 :
14 octobre – Bernard Aspe – Le vrai sur le vrai
18 novembre – Fabrice Goyi – titre à venir
10 décembre – Yan Gomez – Qu’est-ce qu’une éthique non tragique?
13 janvier – Mathilde Girard – L’inconscient est-il fasciste?
10 février – Tom Novak – Le Béhémoth, un concept pour penser le chaos fasciste
10 mars – Adrien Tournier – quand le capital devient abstrait
14 avril – détails à venir
12 mai – détails à venir
02 juin – détails à venir
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Le séminaire de la division politique organise deux journées d’études “Vers une politique de la destitution?” les 28 et 29 mars 2026 à partir de 13h30 au Doc (26 rue du Dr Potain, 75019 Paris, Métro télégraphe).
Vous en trouverez le programme ci-dessous.
Ces journées sont ouvertes à tous et toutes, entrée libre, buvette sur place et cantine le samedi soir pour prolonger les discussions.

Vers une politique de la destitution ?

Journées d’études du séminaire La Division politique, 28-29 mars 2026
au DOC (26 rue du Dr Potain 75019 Paris)

(Nous reprenons sous une forme interrogative le titre d’un texte qui a circulé outre-atlantique ces derniers mois, et qui est publié aujourd’hui sur le site Montages : https://www.montages.site/1171-2/. Il ne sera pas directement l’objet des interventions proposées, mais nous aurons à coup sûr l’occasion de l’évoquer, et d’essayer de prolonger le dialogue auquel il invite.)

Il y a deux manières d’aborder la question de la politique. La première privilégie la dimension de l’objectivité, c’est-à-dire l’analyse du système-monde et de ses devenirs, avec une insistance particulière aujourd’hui sur les rivalités géopolitiques qui le structurent et sur les guerres qui en sont l’expression. La deuxième privilégie la dimension subjective, c’est-à-dire la manière dont peuvent être construites ici et maintenant des consistances psychiques et collectives susceptibles de tenir bon dans le cours du monde imposé et, pourquoi pas, de contrarier quelque peu ce dernier. Même si les deux approches sont nécessaires et s’il s’agit sans doute de travailler à les rendre complémentaires, nous allons ici privilégier la deuxième, qui a le mérite de ne pas nous laisser spectateurs de processus sur lesquels nous n’avons pas de prise dans l’immédiat.
Les interventions proposées aborderont des « sujets » divers, mais seront apparentées sur un point – un point de méthode : les clarifications conceptuelles qui y seront proposées pourront être questionnées aussi bien sous l’angle de leur consistance interne que sous celui des implications existentielles qu’elles dessinent. Au nombre de celles-ci il faut compter les voies de réponse aux questions politiques contemporaines qui ne sont jamais plus envahissantes que lorsqu’on évite de les traiter, autrement dit lorsqu’on renonce à construire l’espace qu’elles appellent. Que cet espace soit aujourd’hui essentiellement vacant (même si, bien sûr « il se passe plein de choses »), c’est ce sur quoi on pourra, ou pas, s’accorder, en cherchant dès lors à savoir comment répondre à cette vacance – ou désigner ce qui l’occupe déjà, mais qu’on ne voit pas encore.

Samedi 28 mars

13h30 : Introduction aux discussions (Enzo et Adrien)

13h45 : L’usage, un concept ontologico-politique (Lionel)

Si l’institution, comme capture du sens, est la forme élémentaire du pouvoir, y a-t-il une manière de raisonner qui nous prémunisse de la reconduction systématique de cette forme ? Par quels chemins théoriques faire tenir l’usage, posé comme contraire de l’institution ? L’intuition ici est qu’on ne peut s’en tenir à une définition, si juste soit-elle, parce que la réduction est peut-être d’abord dans l’oubli des « éléments » ontologiques de la puissance, oubli menant à des confusions et des recouvrements incessants entre ces repères mêmes, que sont : monde, chose, sujet, égalité, vérité, dehors (résonance), geste et obstacle. L’irréductible n’est pas une forme stable, mais dépend de la réaffirmation pratique de chaque coordonnée, sachant que chacune peut en faire oublier une autre et que par définition il y en a toujours une qui manque à l’appel.

16h15 : Préférer la justice à l’innocence (Coline)

Il est très rare qu’on parvienne à justifier la violence, même la plus radicale et la plus subversive, autrement que par la pureté de qui l’exerce. Paradoxe, à considérer que l’exercice de la violence n’a rien d’innocent – et que la violence sur fond d’innocence est la plus cruelle. Je déteste les innocent·es. Mais à rendre raison de cette détestation, m’inquiète : ne suis-je pas en train de jeter les victimes avec l’eau bénite ? Les victimes, certainement, n’ont nul besoin d’être innocentes (passives, inoffensives) pour être victimes – mais comment leur refuser l’innocence sans les river au sentiment de culpabilité auquel elles carburent ? L’innocence referme sur elles un piège : leur refuser c’est les sacrifier, leur accorder c’est les sacraliser. Mon hypothèse : qu’on les sacrifie ou qu’on les sacralise, on échoue à les reconnaître pour ce qu’elles sont, vaincu·es ; on échoue à reconnaître les victimes comme victimes. Je travaillerai donc à démêler le noeud de langage qui amalgame les innocent·es et les victimes – et à décrypter à qui, à quoi profite un tel noeud : qui le noue, et comment le délier. Mon ambition : défricher une voie permettant de ne rejeter ni la violence comme pratique émancipatrice, ni les victimes telles qu’elles expriment un désir de justice.

Dimanche 29 mars

13H30 Schize (Louria)

Le sens de notre propre passé nous échappe. Le fond duquel nos actions surgissaient, et qui les recueillait, s’est dérobé. L’époque s’est retirée. Et elle nous laisse seuls. Seuls avec notre histoire, encombrante, surchargée. Tellement surchargée que nous ne parvenons plus à lui faire face, comme à une mauvaise histoire de famille. Mais lui faire face, c’est pourtant tout ce qu’il nous reste à faire, à présent que notre ennemi nous tourne le dos.

Dimanche 16h : La reprise et la relève (Bernard)

Je me réfèrerai, de façon plus ou moins directe, à Kierkegaard et à Hegel pour envisager deux sens ou deux visions de ce que peut être l’usage d’une pensée dialectique. Au premier est attaché le concept de reprise – et l’on peut y entendre un primat donné à la fidélité. Au second, celui de relève – et l’on peut y entendre un primat de l’invention. Plus précisément (et pour commencer à entrer dans la torsion dialectique) : dans la reprise, la fidélité n’existe que par son renouvellement ; dans la relève, l’invention n’a lieu que parce qu’elle trouve une manière de garder ce qu’elle a pourtant permis d’abandonner. Dès lors, si ces deux approches sont exclusives, que signifie choisir l’une d’elles ? Question qui n’est pas promise à rester abstraite, dans la mesure où elle nous oblige à considérer l’ensemble de nos expériences politiques passées, et ce que l’on peut faire d’elles aujourd’hui.