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Paradigme de la division politique V (2020-2021)

Le séminaire « Scènes de la division politique » va recommencer à partir du mardi 20 octobre à 18 h 30 à la Parole errante (9, rue François Debergue, 93100 Montreuil). Il aura lieu dans la grande salle de la Parole errante, pour avoir de l’espace entre chaque chaise.

Le séminaire « Scènes de la division politique » va recommencer à partir du mardi 20 octobre à 18 h 30 à la Parole errante (9, rue François Debergue, 93100 Montreuil). Il aura lieu dans la grande salle de la Parole errante, pour avoir de l’espace entre chaque chaise.

Les séances suivantes auront lieu les mardi 17 novembre, 15 décembre et 19 janvier, même heure, même lieu.

  • Mardi 20 octobre: B. Aspe, Thèses sur le concept de « travail ».
  • Mardi 17 novembre : Adrien Tournier, Gestion pandémique: entre réaction à outrance et négligence ordinaire.
  • Mardi 15 décembre Patrizia Atzei, Politiques du vrai et discursivités scientifiques: écologie et pandémie.
  • Mardi 19 janvier : Benjamin Gizard, De la Grande Peste à la COVID-19 : pandémie et expérience des limites.

Si de nouvelles mesures ne changent pas une fois encore la situation d’ici là, nous pourrons donc nous retrouver pour débattre de vive voix. La seule contrainte sera la suivante : la séance doit être filmée et retransmise sur Zoom (du moins les deux premières heures de la séance ; la plupart du temps, les discussions s’étendent bien au-delà). Ce qui a notamment pour conséquence que nous devons commencer la séance strictement à l’heure prévue…

Un lien zoom sera indiqué lundi 19 octobre sur cette page pour celles et ceux qui souhaiteraient participer mais ne pourraient se déplacer.

Pour présenter la séance du 20 octobre, Thèses sur le concept de « travail » :
Je voulais ouvrir cette année en évoquant la situation nouvelle, qui se caractérise par ceci : en France comme ailleurs, le pouvoir cherche à imposer des sacrifices contradictoires.

Il y a d’une part les sacrifices nécessaires pour assurer la relance de l’économie ; autrement dit, il faut continuer à faire tourner les usines, les entreprises et les centres de formation, même si cela doit coûter la vie à quelques dizaines de milliers de personne supplémentaires. Il y a d’autre part le sacrifice des libertés les plus élémentaires, au nom du fait qu’il s’agit de « protéger les autres ». Ce mot d’ordre est censé faire taire toute contestation au nom de la morale. Le mot d’ordre de la relance de l’économie est censé faire taire toute contestation au nom du réalisme.

Les militants et activistes semblent alors démunis face à ce qui apparaît comme un double bind : défendre les libertés, c’est semble-t-il valider le mot d’ordre de la « relance » économique comme seul horizon collectif à court terme ; vouloir accentuer l’interruption de l’économie, c’est participer à ce qui fait progressivement disparaître les libertés élémentaires, sans lesquelles notamment aucune contestation ne peut s’organiser.

La séance sera donc consacrée à la tentative de sortir de ce double bind pour explorer une réponse cohérente à la gestion gouvernementale de la situation. Cette réponse me semble passer par la reprise de ce que nous avions placé au centre de nos analyses ces dernières années, à savoir, sur la base des travaux de Moore, la question de la mise au travail généralisée des êtres de nature. Il me semble que c’est en suivant ce fil que l’on peut comprendre comment les contradictions du pouvoir ne sont pas les nôtres, même s’il cherche à nous y enfermer.

 

Paradigme de la division politique III (2018-2019)

Il s’agira de prolonger la réflexion entamée depuis deux ans. Nous gardons l’idée qu’on ne peut mener séparément une analyse de la situation politique et une recherche méthodologique sur ce qui permet l’existence d’une pensée de la politique.

Mais nous nous recentrerons cette année sur les points de tension qui sont au coeur du conflit politique contemporain. Pour cela, nous irons dans deux directions, dont il s’agira de montrer qu’elles sont solidaires en dépit des apparences : d’une part, du côté des études qui prennent pour objet « l’écologie-monde » ou le « capitalocène » ; d’autre part, du côté d’une analyse du rôle de la monnaie, et des effets ambigus de sa virtualisation.

Le point de vue reste le même : celui de ce qu’on appelle approximativement « les luttes », disons les formes existantes et opérantes du conflit politique. L’objectif demeure lui aussi inchangé : construire une approche qui permette de renforcer l’existence de ces formes, et donc celui d’un espace politique que nous devons occuper pour pouvoir à nouveau constituer une menace pour nos ennemis.

Paradigmes de la division politique (II, 2017-2018).
Dialectique et violence

Nous allons nous recentrer cette année sur le rapport entre la politique et la guerre, en tant que celle-ci n’est pas le moteur caché de la politique, qui rendrait compte de son existence en en délivrant le secret (c’est le paradigme dans son usage « platonicien »). Mais la politique et la guerre ne sont pas davantage dans un rapport d’analogie, ce qui supposerait qu’elles constituent des champs ou des domaines distincts. Entre les deux, il y a bien une intersection; mais la politique n’existe que là où elle conjure son identification à la guerre (c’est pourquoi il n’y a pas non plus entre elles pure et simple continuation ou homogénéité).

Lorsque la politique est intégralement absorbée dans la guerre (que celle-ci soit ouverte ou cachée) alors elle disparaît. Si, à l’inverse, elle forclot sa dimension guerrière – d’affrontement, de stratégie et de tactique – alors elle s’éclipse aussi.

Au cœur de la guerre, mais aussi de son intersection avec la politique et de sa conjuration par la politique, il y a la violence. Celle-ci est longtemps apparue comme ce qui ne pouvait ou ne devait pas être pensé. Aux temps de la dialectique spéculative déployée par Hegel et Marx, elle semble être devenue objet de pensée au titre de « travail du négatif ». Il nous faudra donc tout d’abord revenir sur ce que peut signifier « dialectique » dans le travail de la division politique.

Il n’est pas sûr que ce travail soit celui du « négatif ». Il n’est pas sûr non plus que la dialectique de Hegel et Marx ait réussi à faire de la violence un objet de pensée. Mais il se pourrait que la pensabilité de la division politique, et de la violence qui s’inscrit en elle, requière bel et bien une réélaboration de la notion même de « dialectique » – et donc un dialogue avec celles et ceux qui reprennent cette tentative aujourd’hui.